IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Oubli

A vivre dans un espace creux
On en oublie le temps
Le début et la faim
De toutes retrouvailles
A se nourrir de mots
On en oublie le sens
Le partage de la vie
Autour d’une table vide
Se serrer sur un banc
Tendre une main obstinée
Avoir le rythme en tête
Et puis oublier
Pour une chaleur d’école
Le goût du brasier

oubli

Ecorchée

Je suis langage incarné
La source pétrifiée des métaphores incandescentes
Des images léchées par le feu

Je suis l’omission
Le mensonge oublié
Le crime pardonné
Le viol enluminé
Le substrat

Je suis toute une
Et les contours glacés d’un été sans lune
Promettent réparation
D’un avenir distinct

Consolation solitaire, je suis un verbe branlant
Écorché rouge
Baiser

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Les secrets de l’aube

Nous sommes à l’heure où l’aube se dénude
Et les serpents dressés sur leurs tendres carapaces
Dilapident le sermon.
L’heure est venue vous dis-je
Pour les secrets de l’aube

J’étais dans le ventre d’un crocodile mâle
D’une lame de ciseau je me suis accouchée
Un seul tranchant je lui donnais le nom de : Dieu
Serrant l’anneau de ma main qui n’était pas née
je l’appelais Amour, et commis 7 vÅ“ux à son encontre dont je vous parlerai
A moins que vous ne soyez là déjà
Car demain se promène au bord de l’eau
Et sur le sable les oreilles sont reconnaissables
Un empilement de nacre et ta narine fait chut…
C’est moi qui reviens

Si la mer est salée c’est que les sirènes ont tant pleuré l’inconscience des marins
Et pour les femmes restées au port
Si je suis partie, sans masque, sans fard
C’est pour avoir été sculptée trop tôt sur la proue de tous ces navires
ou trop tard – ce qui revient de même, c’est le coup du burin.
Et la femme qui ignore pour combien de cons vifs il lui faut cuisiner ce soir.
Met du sel dans l’eau

Les marins aiment prendre des risques stratégiques qui les font veiller tard et leur confère une aura d’importance
Pénélope d’où vient la force de ton sourire ?

D’une passade amoureuse un doux soir d’été
De l’odeur du chocolat de décembre
Du camélia en fleur
D’un prince imaginaire
Du bas-ventre et de sa douleur
D’ailleurs
De la pitié pour le crocodile maroquiné sur les plus belles avenue du monde

Sitôt jaillie du néant
On me fit avaler son chant pour le régurgiter tout le long de vos orteils et ce n’est pas une blague
Croyez-moi
Plus jamais vous ne marcherez pareil dans vos peaux de vache
C’est paisible, une vache
Son regard inquiet n’oppose aucune résistance
Aucune

Par souci d’urgence la lune est venue se poser sur ma langue
Croire avant qu’il ne soit trop tard
Pour savoir au petit matin
Quel jour reste à éclore
De cette nouvelle aube

Crocodile

Enfin

Enfin
Péter le câble nécessaire
Le soleil brille sur mon départ
Tout comme le ciel crevait pour laver mon âme
C’était encore hier

Marcher vers le levant
En chemin
Écrire des airs et des chansons
Joie exaltée par la peur
De l’inconnu

Se tenir nue sous mon étoile
Elle me réserve un sort
Toi qui demeure au sein du Très-Haut
Ou qui n’existe pas
Quelque soit ton nom j’acclame ta volonté

Je serai
La poétesse qui marche
J’arpentai les mots
En suivant l’absolu à la trace

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Beauté

Devant la Beauté
En majuscule
Moi je recule
Oui j’en ai été digne un jour
Oui j’ai su inspirer l’Amour
Mais la grâce est éphémère
Mon heure est passée, j’en suis amère…

Devant la Beauté
De tes paroles
Mon cœur décolle
Et si je ne peux atteindre cet idéal
Je mourrai en vol

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Rumeur

C’est un son qui revient comme l’écho d’un tambour
Que le soleil frappe là-bas dans le lointain
C’est le bruit de ton cÅ“ur dont le tempo accélère
Pour donner le rythme de ton destin
C’est le silence qui précède les plus beaux discours
C’est le langage que nous inventerons demain
Cela peut prendre les accents de l’amour
Ou être aussi cru que le sort d’une putain
C’est un son qui tremble comme les prémices d’une colère
Qui fait peur à ceux qu’elle ne concerne pas
C’est quelque chose comme le soupir d’une prière
De quelqu’un qui veut croire et qui ne le peut pas
ça a la douceur d’un nuage et la force d’un volcan
C’est ténu comme un fil et plus fort que le temps
Aussi vrai qu’un mirage ou qu’une larme d’enfant
C’est un son que j’image chaque fois que je l’entends
Il est dans les ondes qui vous traversent à votre insu
Il défie les frontières de votre espace-temps
Il est dans ces détails que vous n’avez pas vus
Discret comme un virus infiltré dans ton sang
C’est un son qui se concentre et se propage à la fois
C’est un bruit qui court à propos d’unité
Une histoire qui réchauffe comme un feu de joie
C’est la clameur que l’on transpire sur le papier

Les murmures de nos plumes enfin rassemblées