A force
A force de fouiller le sol de mes désirs
je l’ai trouvé dans les entrailles de mes plus inavouables pensées
Tandis que ses paroles me délivraient des chaînes de la raison
ma chair se délectait à la vue du vampire qui dansait sur sa tombe
hypnotisant mes sens
vanité
dire que je prétendais lui redonner le goût de la lumière
Je l’ai suivi d’emblée depuis le temps que je me préparais à trouver mon maître
déjà auparavant ma candeur stupéfaite
avait senti pousser à l’envers de mon aura des ailes de dragon
A force de chercher des questions à la chaleur indifférente du jour
j’ai trouvé des réponses sur le seuil des enfers
d’où sa parole déchirait l’amour en silence à la lueur de la lune
un ange passe
réminiscence de mon innocence qui s’efface tendrement dans le miroir
flaque de sang sous les pieds de mon âme férue d’enfance
furie de la drogue qui effleure sans les ouvrir les portes du cachot
fièvre d’une harangue où je pleure de voir s’éteindre les âmes fortes sous les crachats
Partout où l’on plante notre Verbe une fleur poussera
pour crier nos plus vives couleurs
pour ne pas perdre sa trace il faut forcer l’ivresse
divorcer du monde qui renie ta face
soustraire ta conscience aux plaies qui te harassent
Et si dans mes prières
j’ai pu préparer ce parcours de la peur en toute inconscience
permets-moi simplement de donner un sens à mes errances
car me voilà punie de mon indécente soif de sagesse
orgueil
toi qui me fit miroiter les étendues de la liberté
j’ai peur de ne plus craindre la mort
de désirer l’oubli
mes lèvres me brûlent de tant de peines tues
je ne connais pas de langue assez crue pour dire
l’accumulation des menaces sur mon cœur de négresse
la fière malédiction que porte ma tignasse
je ne peux pas davantage oublier la couleur de ma peau
que la fente entre mes cuisses
le virus mortel de votre indifférence s’immisce dans cette plaie tiède
Est-ce la détresse qui me pousse à chercher dans leurs haleines fétides des relents d’amour ?
J’ai peur de donner la vie









