IstIna Izvor 𓋹 Source de Vérité

Chemins de textes

Le chant du cygne

Comme je devrais avoir honte et comme je vous emmerde
comme je devrais raser les murs
depuis longtemps déjà depuis que je sais que mes raisons d’être
sont ceux que les prisons sociales ignorent
depuis que le cheminement de mon âme curieuse
m’amène à traverser toutes sortes de décors
obscurs aux yeux des autres
aux yeux des gens normaux

je devrais avoir honte
me faire soigner avaler des cachets et même demander l’internement
si j’avais l’impression que mon destin me ment
en me faisant miroiter la liberté par le crime envers la bien-pensance..
Je devrais avoir honte mais je vous emmerde
mon illicite jouissance en dessine les contours
de cette île où en dernier recours
je me retrouve avec moi-même
avec ma peau
et mes rires et mon vagin qui pleure
et mon cynisme et mon enfance qui se meurt
non sans avoir poussé son chant du cygne
avec mes veines saillantes mes cicatrices
mes désirs sous contrôle et ma soif de caresses
et mon envie d’aimer qui ne se meurt pas !
Je l’achèverai de mes dix doigts
à la faveur d’un clavier à la lueur de la lune
de quelques rimes tirées à bout portant
L’innocence semble impossible à ceux qui savent le goût du sang

lac-du-cygne.72452

Pardon

Je voulais t’écrire un texte pour implorer ton pardon, chercher au fond de mes tripes ce qui reste de poésie et d’incantation, pour que tu me comprennes, pour que tu m’estimes à nouveau.
Je voulais invoquer la faiblesse de ma chair, la malédiction d’Eve qui pèse sur mes entrailles, mon attrait pour les délices des sens, qu’ils soient de fumée ou de corps qui s’enlacent, c’est toujours la même évasion que j’embrasse.
Je n’ai pas d’excuse à mon comportement, l’errance fait partie de mon tempérament. Les erreurs jalonnent mon parcours, car je franchis les limites, toujours.
Je n’ai pas trouvé la doctrine qui me limite, même la mystique fut une excuse pour mes expériences illicites. Peut-être que l’amour sera la solution, mais j’y vois pour l’instant comme une aliénation…
Un seul dieu, un seul maître, un seul amant, c’est toujours la même chose; dans mon adoration j’étais multiple et pourtant j’ai connu l’osmose… Entre le délire et la raison je n’ai pas choisi mon camp, tout comme entre le noir et le blanc. Peut-être suis-je volage pour être comme un homme, qui jouit de sa liberté sans être questionné… Peut-être suis légère pour me sentir femme, désirée… Mais je suis une âme divisée, qui cherche avant tout sa vérité. A travers des rencontres je vois mon portrait se dessiner, éclaté. Dans le bleu de tes yeux existe une exigence, un défi qui me souffle : résistance… Un appel protéiforme qui depuis toujours m’a subjuguée, au risque d’embrasser des causes controversées. Cette fois qu’ai-je à y gagner ? Un supplément de personnalité, une strate de mon être à solidifier. Peu de gens me poussent à me dépasser. Ils me troublent, ceux qui m’invitent à me questionner. Et tu es de ceux-là, à force de me déstabiliser. Tu me rappelles que l’équilibre est une danse, ce qui sans être une conclusion idéale, me rapproche de ma réalité. C’est en vain que je quête une ligne de conduite, car je ne suis qu’incertitude, ambiguïté, fuite. Je suis une femme mais ce n’est pas le propre des femmes. Je suis une boule de désir, mais ce n’est pas qu’un désir sensuel. Mon appétit féroce, c’est aussi ma faim de justice, le produit de mon expérience. J’ai beau avoir tourné la page de mes combats, il y a toujours cet ennemi invisible, et je suis une armée toute entière. Je suis désir de paix et d’unité, et je suis en guerre contre la normalité. Je m’égare dans tous les sens, et pourtant il n’est question que de cela, trouver la mèche pour allumer l’essence… Exploser

equilibre

Paradoxe

Mon cÅ“ur va et vient entre deux causes qui s’opposent
Ma tête sait qu’elles ne font qu’un
J’apprivoise mes mains
Mon corps traverse son destin

Le tabou devient maille à partir
Le péché appréciation fortuite
La couleuvre une alliée qui coule de mes lèvres
Le serpent métisse roule ses anneaux

J’ai été plus belle à voir mais moins belle à penser
Des regrets s’envolent enluminant les cages
Toute ambition échouée sur une page
C’est là que j’avale la douloureuse

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J’écris

J’écris
Sinon je vais craquer
J’écris pour ne pas mourir
J’écris pour respirer lorsque la haine m’étouffe
J’écris pour m’exprimer lorsque les sanglots m’ont tranché la langue
Je sais que c’est vain car les mots ne sont rien
Ils sont si petits et insignifiants
Ils sont tout ce que j’ai
Dans mon vertige je ne sais rien que l’abîme des mots à venir
Je tombe
Dans ma chute m’accompagne l’angoisse de ces pages à remplir
Serai-je à la hauteur?
Je ne sais rien
Qu’écrire comme si chaque courbe naissant sous ma plume
Distillait des parcelles de mon énergie vitale
Je veux écrire
Jusqu’à me vider de toute substance
Car je suis un rien qui brûle d’être
J’écris sinon je meurs
Et pour enfin mourir

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Je reprends le cahier où j’inscris ma vie
En ignorant les pages arrachées lors des jours de tourment
Mon avenir est vierge car je suis le Verbe qui me programme sur l’infini présent
Tout est possible lorsque mes limites sont privées de ma croyance en elles

Depuis toujours imperméable à l’injonction d’accepter le désespoir comme partie de l’homme
Je reste une femme en proie à des dilemmes
J’ai trop souffert pour ignorer la saveur de la haine
Suis trop têtue pour accepter la fatalité de son jugement
Quand les cÅ“urs crèvent d’acrimonie
J’écris les larmes âcres que nous versons tous en silence
Les cris de l’innocence

Tous des enfants bafoués qui nous cherchons un souffle
La révolte que l’on étouffe se brûle parfois dans des carcasses de métal
Se glisse dans une larme ou déchire une chair
Écartelée par un plaisir barbare
Ma main tremble et je barre les lignes qui écrivent le viol
Ultime résistance à l’innommable je bâtis une armure de mes mots
Je rassemble ma plume pour que se nomment les morts qui remplissent les cimetières
À coup de ratures je refuse la dictée de l’enfer qui se répète chaque jour
Cautionnée par un imaginaire où l’amour crève sur un lit de dollars
Et que restera-t-il si l’on lève le voile
Si les étoiles se rallument dans les yeux qui ont trop vu le sang

Avec la perversité d’une Parole sainte
Le message se distille renforce nos chaînes mentales
Et l’on oublie que l’on peut voler dans les plumes
D’une étincelle provoquer le réveil

Nous sommes à l’aise dans le noir nous qui n’avons plus rien à craindre
Sauf nous-même

Ma plume s’égare à nouveau dans la colère et me rend ivre, à force de taire la page cachée de mon livre
Silence sur la blessure qui m’a donné le goût de tuer
Abrutie par la peur le cÅ“ur nu sans défense tremblant hébétée devant l’indifférence inhumaine à mon sort
Moi qui suis comme vous de chair animale
Je saisis l’instinct de haine je le sens dans mes veines
Vous qui m’avilissez je vois vos vies qui se dévident
Vous suivez les consignes pour fuir le vide de vos consciences
Dans toutes les strates on s’étripe de façon médiatique,
Variantes autour du thème de la déchéance
Dans cette mise en scène de la Divine Économie
Très peu d’acteurs sont payés
On crève à plus ou moins long feu mais l’on brûle tous à la fin
C’est très joli cela s’appelle l’Apocalypse
Dans tous les livres ils disent que c’est inévitable
Dans les langues mortes des religions sans foi ou des palabres boursiers

Sans dévier du but je relie l’inconciliable
Il y a 7 textes cachés dans ce fervent poème

Je ne crains pas le soufre
J’ai fait le deuil de mon orgueil au pied de tant de tombes
Éradiqué la peur en côtoyant des ombres
Repris courage en estimant leur nombre
Que tremblent les puissants devant leur imminence
Je les vois surgir du fond de leurs ghettos
Dans leurs destins qui crament ils cherchent un sens au crime
À grands renforts de rimes nous abreuvons vos âmes désertées
Pour la résurrection de l’Amour majuscule

resurrection

Toute

Toute la lumière du monde
Gâchée par un silence
Toutes les détresses du monde
Sauvées par une larme
J’espère que je lui manque
Celui que j’aimerai
Autant que je l’attends
Enténébrée de joie

joie

J’imagine

Tandis qu’irrésistiblement avancent les pions assassins des temps présents
Je tisse un filet de mes mots
Pour que l’on se souvienne de ces jours
Qui emportent l’Histoire dans une marée de sang
On vomit nos griefs en rafales
Dans l’espoir de toucher votre âme de quelque rime perdue
Pour votre plus grand mal
Nous n’avons de sagesse que celle qui poussa sur ce lit de démence
Dans les terrains vierges de la pensée
Sur nos visages
Les sillons laissés par les relents d’un mauvais sort
Et sur la langue
Une prière prête à prendre son essor
Pour aller grossir les tomes des évangiles du millénaire
Cela fait si longtemps que les poètes prophétisent l’éclipse de la raison
La fuite des saisons
Rythmée par le nombre d’innocents régulièrement massacrés
Cela fait si longtemps que ça gronde en silence
Tel le bruissement d’une forêt millénaire
Qui plonge ses racines dans des eaux rances
Et c’est toujours demain que surgissent les colombes
Que se taisent les bombes
C’est toujours demain
Qu’il fera bon d’être humain

A ceux qui n’en peuvent plus d’attendre
A ces nuques qui se plient
A ces genoux fléchis
Qui par milliers implorent la fin des jours opprimés
Ces veines qui se vident
Ces yeux qui appellent de toute la force qu’ils n’ont plus
Pour que se tournent enfin vers eux nos faces livides d’indifférence
Mépris programmé par nos préoccupations de propriétaires
Pour de mesquins progrès qui nous paraissent prioritaires
S’étourdir en consommant pour atténuer sa conscience de l’enfer
Ces ailes qui se brisent
Ces enfants qui se taisent
Dans le paysage familier de l’horreur
Avec la vie se transmet la terreur d’exister
De temps à autre être atteint par d’attrayantes images
Où des humains évoluent dans d’autres paysages
D’abondance de biens qui se produisent et qui se jettent avec la même cadence folle
Et dans son dénuement
Rêver de tout plaquer pour entrer dans la danse
Du monde civilisé
J’imagine d’où peut jaillir la rage des justes
J’imagine qu’il y a un monde à prendre
Et qu’il nous attend là
Au bout de quelques pas que nous ferions ensemble
Quelques pas qui suffiraient pour que la terre tremble
C’est écrit dans les livres qu’on a si bien appris
Déjà des foules de sont levées et sur la foi de mots dits
Ont fait plier des empires
Puisse la parole éventer son plus bruyant secret
Par sa force
Des foules se sont levées à la face des tyrannies les plus veules
J’imagine juste que l’Histoire se répète comme elle nous a habitués à le faire
Car l’être humain ne supporte jamais les fers
Si longtemps
Que la colère finit par se taire

Ces vies qui se brisent
Et de ces corps brimés
Cette force qui naît
J’imagine

colombe

Vierge

Vierge éternelle
De ta meurtrissure béate
Sort
Une fleur en couronne
L’azur

Putain de mon cœur
Ose
Que rayonnent tes stigmates
Les larmes
Ont quitté la nacelle
Pour le bleu ballon du ciel

ciel

De sable, de cendres

Au nom de tous les dégénérés de l’existence
Au nom de ceux dont les désirs furent souillés
Dès les premiers châteaux érigés dans l’enfance
Au nom de ceux qui n’ont pas su
Ressusciter leurs rêves déchus
Qui ont vu leur assurance aspirée par des sangsues
Sans savoir que faire
Au nom de ces aspirants à l’évasion
Qui s’égarent dans les couloirs de l’enfer
En croyant trouver l’éden

Je laisse parler mes veines qui s’ouvrent
Et la haine que je couve suinte en silence
C’est le pus de nos peurs

Au nom de l’absence
Pour l’enfant affamé de tendresse
Sur qui pleuvent les coups
Pour la femme avide de caresses
Que l’on traîne dans la boue
Pour l’être humain en quête de liens
Qui ne trouve que des chaînes

Au nom de l’indifférence qui règne en France
Face à ces sévices indicibles dont nous sommes les cibles
Je viens troubler vos rêves de notre cauchemar fou
Narguer votre monde illusoire dont je connais les tréfonds
Je viens graver dans ce grimoire
Les volutes insolites d’une nouvelle grammaire
Pour que pèse sur vos âmes jusqu’à son dernier gramme
Le poids d’une vérité
Une parmi tant d’autres

Au nom de l’armée qui sourdement se soulève et s’avance

Dressés sur l’arête cachée du chaos
Nos faces ruissellent de souffrances
Et dans les ténèbres on cherche la lumière du sens

Au nom de tous les possédés d’une rage régulière
Souveraine colère entêtée comme un refrain
Qui vous fait parfois serrer les poings

Au nom de tous ces matins gris
De ces journées de peu
Où nos ailes toutes rabougries
Ont failli nous lâcher, pour un peu

Je laisse parler mon cœur qui se découvre
Et l’espoir que je couve grésille en silence
Je prie pour que nos paroles brûlent les racines de nos indifférences
Et sur ce lit de cendres
Qu’advienne la renaissance

château de sable

J’écris mon nom

Istina j’écris mon nom pour me rappeler que j’existe
Istina j’écris mon nom pour me rappeler que j’existe
Istina j’écris mon nom pour me rappeler que j’existe
Istina j’écris mon nom pour me faire croire que j’existe
 
Comme un tragique mantra dicté par ces utopies réalistes
Assez proches pour qu’on y croie, comme un mirage indécent
Aussi beau et cruel qu’il nous fait battre le sang
 
vivre pour ses rêves
vivre pour ses rêves
Ça signifie souvent survivre dans un cauchemar
Où la souffrance qui t’étreint laisse une empreinte plus profonde
Que les désirs que tu embrasses en songe
Ça signifie errer solitaire dans des forêts habitées de démons
D’où les rares âmes qui reviennent semblent vidées de toute raison
 
Et tu continues
Tu continues à avancer même les pieds en sang le regard triste
Parce que de temps à autre
Entre les branches tordues éperdues de douleur
Il pleut des étoiles sur ton cÅ“ur d’artiste

tornade